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jeudi

Les jeunes et leurs parents boomers: garder espoir...




Une opinion lumineuse publiée dans Le Devoir, ici par Denis Beauregard, coauteur de Si on s'y mettait... et ex-président du Conseil du patronat du Québec. Elle peut sembler négative au début, mais lire jusqu'à la fin. Opinion d'autant plus intéressante qu'elle semble venir d'un babyboomer "lucide"...

On a rêvé de changer le monde. Hé bien, on est servi! Il a changé, le monde. Quand la liberté dont on a tellement parlé jusqu'au petit matin, dans le café et la boucane, prend aujourd'hui la couleur d'une carte de crédit, on s'est trompé quelque part en chemin. Quand l'hypothèque bouffe l'énergie que réclament nos enfants, on s'est trompé de priorité. Quand la coupe Stanley compte plus d'adeptes que la lutte au décrochage scolaire, on est dans le champ. Quand l'épargne de toute une vie va droit dans les poches de PDG cupides, on court après un drame collectif. Quand les marchés boursiers attirent plus d'attention que les millions de personnes menacées de mourir de faim, on ne peut être plus éloigné des rêves de nos vingt ans. Pourtant, on a tellement rêvé de bâtir un monde meilleur... Si la crise financière actuelle se résout sans que rien ne change, décidément nous n'aurons rien compris. Nous n'aurons fait qu'acheter du temps. Probablement bien peu de temps, d'ailleurs.

Comment sauver nos rêves d'antan? Peut-être en épousant les valeurs de nos jeunes. Au sommet de leurs priorités: la famille dont ils sont issus, la famille qu'ils auront, leurs amis. À la queue de leur liste: l'argent et le travail. Peut-être
en réaction à ce qu'ils nous ont vus faire?
Mais creusez un peu plus et vous vous rendrez compte que le travail qu'ils abhorrent, c'est le genre de jobs qui nous faisaient saliver à leur âge. Plan de carrière, gros salaires, promotions. Leur rêve: se donner à fond, mais en utilisant au maximum leur créativité, dans le respect de leurs valeurs... dans un monde meilleur! Un monde où «réussir» ne se fait pas au détriment du voisin.

Au fond, peut-être allons-nous réaliser nos rêves... par génération interposée! Nous leur aurons montré ce qu'il faut éviter de faire. Espérons que nos erreurs auront été assez convaincantes pour leur éviter les leurres auxquels nous n'avons su résister.

Singeries boursières


Bienvenue dans le monde de la spéculation boursière:

Un jour, dans un village pauvre, un homme apparut et annonça aux villageois qu'il achèterait des singes pour 10$ chacun. Les villageois partirent aussitôt en forêt et commencèrent à attraper les singes. L'homme en acheta des centaines, mais comme la population de singes diminuait, les villageois arrêtèrent leurs efforts.

Alors, l'homme annonça qu'il achetait désormais les singes à 15$. Les villageois repartirent chasser les singes. Mais bientôt la réserve s'épuisa et les habitants du village retournèrent à leurs occupations. L'acheteur offrit alors 20$ et il devint rare de voir un singe, encore moins d'en attraper. Ce businessman
annonça donc qu'il achèterait les singes 50$ chacun; mais comme il devait aller en ville pour affaires, son assistant s'occuperait des achats. Son assistant rassembla les villageois et leur dit : «Regardez ces cages avec tous ces singes que l'homme vous a achetés. Je vous les vends 35$ pièce et lorsqu'il reviendra, vous pourrez les lui revendre à 50$.»

Flairant la super affaire, les villageois réunirent tout l'argent qu'ils avaient; certains même vendirent tout ce qu'ils possédaient pour acheter les singes. La nuit venue, l'assistant disparut. On ne le revit jamais, ni lui, ni son patron… que des singes qui couraient dans tous les sens.

mardi

Dion à la barre

Caricature de Michel Garneau (Le Devoir).
Cliquer pour agrandir

Stéphane Dion, chef "partant" du Parti libéral du Canada après la défaite des dernières élections.

L'important dans cette caricature, c'est les requins en arrière-plan...

lundi

L'égoïsme


On vient de promettre aux requins de la finance à New York près de 1000 milliards de dollars en aide d'urgence, et on a du mal à augmenter l'aide internationale de un ou deux milliards de dollars par année.

Et nous cautionnons tous ce système. Que chaque jour dans le reste du monde 40 000 enfants crèvent de faim ("au milieu d'un jardin") n'émeut guère l'Occidental repus, surtout au moment de lire son rapport de Fonds commun de placement.
Pourrais-je encore me payer des inutilités une fois arrivé à la retraite, aurais-je encore la capacité de changer de voiture tous les quatre ans?
Notre égoïsme éclate aujourd'hui à la face du monde. Pourtant, aider les pays en voie de développement pourrait inclure ces populations graduellement dans les circuits économiques internationaux.
Qui sait, ces gens pourraient un jour importer des produits de chez nous et soutenir ainsi l'économie réelle. À moins que ce ne soit plus payant de les laisser sombrer dans les conflits.

Journal d'une "maîtresse d'école"


Extraits de cette lettre publiée dans Le Devoir

Je suis une maîtresse d'école. Ou plutôt j'étais, car, avant d'être trop amer, je suis parti et suis devenu aubergiste. J'étais un des trop rares hommes qui enseignent au primaire.

Je suis une maîtresse d'école mais je ne fais pas qu'enseigner. Je suis passée directement de ma cuisine à ma classe. Je fais presque tout mon secrétariat, le ménage et le rangement de ma classe, je soigne, je garde, je surveille, j'encadre, j'élève des enfants et, dans le temps qu'il me reste, j'enseigne. Aucun enseignant du secondaire, du collégial ou de l'université n'accepterait d'accomplir pareilles tâches. Et il aurait bien raison...

J'ai enseigné près de vingt ans dans cet univers de femmes, et cela m'est toujours apparu comme une évidence: l'école primaire reste calquée sur l'univers des femmes à la maison.

Par exemple, à tous les ordres d'enseignement, on a des espaces prévus pour les enseignants. On appelle cela des bureaux. Pas au primaire. Un bureau, c'est un espace physique bien défini où un enseignant peut se retirer afin de s'outiller pédagogiquement, afin de planifier et d'organiser son enseignement, pas une classe où, midi et soir, concierge, enfants, collègues entrent comme dans un moulin; pas un local où s'installent malgré vous le service de garde, la période des devoirs ou le service des loisirs de la municipalité.

Une évidence: si déjà, au primaire, vous n'armez pas le béton sur lequel reposeront les fondements du savoir, tout l'édifice risquera de s'écrouler plus tard. Alors que l'on cherche partout des explications à la crise dans l'éducation, on ne s'est jamais rendu compte que les enseignantes du primaire font mille et une autres choses qu'enseigner. À ce que je sache, au secondaire, au collégial, à l'université, la tâche est entièrement consacrée à des activités d'enseignement et pédagogiques. Simple bon sens.

Au primaire, sur une journée de 5,5 heures en présence élève, une enseignante consacre près d'une heure en surveillance, encadrement et déplacement; une autre en gestion de classe, règlement de conflits et discipline; une autre en ménage, rangement, imprimerie, classement et mille autres petits préparatifs avec ou sans ses élèves; une autre à mille et une autres activités collatérales liées à l'école, à la municipalité, aux services communautaires. Si, à la fin d'une journée, il reste trois petites heures, solides, d'enseignement, c'est déjà inespéré.

Madame la Présidente de mon syndicat, laissez les enseignantes enseigner. Reléguez la maîtresse d'école aux oubliettes.

mercredi

La religion sportive


Le peuple a besoin d'opium, que ce soit la religion ou le sport.
(Et j'avoue moi-même que je regarde parfois des matchs à la télévision, dans l'ordre du pur divertissement, l'une des missions de la télé, et du sport professionnel...) Voici maintenant un cours à l'Université de Montréal sur les liens entre la religion et l'équipe de hockey les Canadiens de Montréal.

Un résumé de cet article du Devoir

Sous le regard bienveillant des fantômes du Forum qui, croit-on, ont déménagé au Centre Bell, le Tricolore est déterminé à en mettre plein la vue à sa horde de «fidèles» qui suit déjà ses matchs, avec une ferveur presque religieuse. Pas étonnant qu'Olivier Bauer, professeur d'origine suisse à l'Université de Montréal, ait vu dans cette effervescence un prétexte pour étudier la correspondance entre le culte voué aux «Habs» et la religion catholique au Québec.
Le Canadien est-il une religion? «Si oui, quel type? Religion instituée, religion populaire, religion civile?», s'interroge-t-il.
Vrai que, dans le monde sacré du hockey montréalais, les allusions à la religion catholique et à ses symboles sont omniprésentes. On avait là un match, presque une messe, où Carey Price, alias «Jesus Price», est tantôt le «sauveur» de l'équipe, tantôt la victime d'un «calvaire» «crucifiée» dans son filet et qui sera, peut-être plus tard, intronisé au «temple» de la renommée.
Sans compter l'expression «Ils les ont eus dans l'eau bénite» et les commentaires du «prophète» Ron Fournier. «Il y a toute une mythologie qui se met en place autour du Canadien et de cet aspect religieux», constate M. Bauer
La devise de l'équipe -- «Nos bras meurtris vous tendent le flambeau, à vous de le porter bien haut» -- présente elle aussi un petit côté judéo-chrétien.

À travers ses travaux, le sociologue Benoît Melançon avait très bien montré comment des malades avaient prétendu s'être guéris en touchant au maillot ou encore à des sous-vêtements ayant appartenu à Maurice Richard, un pouvoir qui était jusque-là exclusif au frère André. «Il y a des gens qui vont prier à l'Oratoire les soirs de match», mentionne M. Bauer.
Le thème des reliques fait partie du plan de cours de M. Bauer, tout comme celui des rites religieux. Certains joueurs affichent carrément «leurs couleurs» religieuses, comme Carey Price, qui porte une petite croix derrière son masque de gardien de but, ou Mike Komisarek qui fait un signe de croix avant de sauter sur la patinoire.
«On peut se poser des questions: y a-t-il des valeurs dans le sport qui sont les mêmes dans la religion?», s'interroge le théologien amateur de sport.
En ce sens, fait-il remarquer, l'équipe adorée, par ses visites à l'hôpital et d'importants dons à des fondations, a remplacé les Églises dans la gestion de la charité.
«Si le Canadien est une religion, doit-on la combattre parce que c'est une forme d'idolâtrie ou doit-on plutôt l'utiliser en montrant que certaines valeurs transmises par le Canadien peuvent correspondre aux valeurs chrétiennes?»
Amour, sport et religion: force est d'admettre que, de tout temps et pas seulement au Québec, le sport et la religion ont toujours eu une relation étroite.
Hérésie, anathème et excommunications: le sport est encore une fois très près de la religion, insiste le chercheur...

Bonnes nouvelles et prix citron


Petits constats à chaud après ces élections fédérales canadiennes du 14 octobre.






Bonne nouvelle :

Les Conservateurs de droite de Stephen Harper n’ont pas leur majorité souhaitée, encore une fois.

Bonne nouvelle :

.. et c'est grâce au Bloc Québécois (le parti « non pertinent ») qui augmente son nombre de sièges (deux tiers des sièges au Québec) que les Conservateurs ne feront pas toute leur loi à Ottawa.

Bonne nouvelle :

Le Bloc Québécois a réussi cela et aussi renforcé sa position même s’il ne recueille que 11% des voix dans cette élection canadienne! Cela est une brillante démonstration de la force de la voix du Québec sur la scène canadienne, pour ceux qui en doutaient encore!

Prix citron 1 :

Les électeurs des régions du Saguenay (au Québec) - Jonquière surtout - et de Québec, capitale nationale, qui ont encore voté pour les Conservateurs. Je serais GÊNÉ à votre place : au lieu d’appuyer un parti voué exclusivement à la défense des intérêts de votre nation, vous préférez voter pour un parti de droite, originaire des réformistes et alliancistes de l’Ouest canadien, qui ne sait rien des réalités québécoises, imprégné de la droite religieuse, avec un fort penchant pour les politiques de droite étasuniennes. Qu’avez-vous entre les deux oreilles? Vous êtes notre honte.

Prix citron 2 :

Les Québécois qui ont appuyé les Libéraux de Stéphane Dion, celui qui, à l’image même de son parti, a souvent fait la preuve qu’il se fout complètement, encore plus que les Conservateurs si cela se peut, des vrais intérêts et aspirations du Québec. Pathétiques.

samedi

Arbres; encore les requins

Encore une fois, l'industrie forestière du Québec et ses petits copains au gouvernement du Québec prouve son absence de vision sinon sa bigoterie.

"Indisposé", le Conseil de l'industrie forestière du Québec a continué ses tordages de bras ("pressions politiques") pour cette fois faire retirer une publicité télévisée de Hydro-Québec qui visait simplement à encourager ses clients à adopter la facture internet plutôt que celle en papier, dans le but de ménager nos forêts.


Sur la Terre en ce moment, la forêt québécoise est un trésor inestimable qu'il faudrait protéger et chérir. Au lieu de cela, elle est encore livrée aux mains des requins, avec à sa tête Guy Chevrette, ex-ministre québécois et maintenant PDG du CIFQ. Et le saccage continue pour transformer ces forêts en millions de journaux remplis de publicités, ou pour torcher nos précieux derrières.

Mais le pire dans cette histoire, c'est que pour des raisons hautement douteuses, Chevrette et Cie ont fait retirer une publicité qui faisait la promotion du développement durable.
"Ne nous soumettez pas à la tentation, mais délivrez-nous du mal".

Nouvelle dans Le Devoir
À ma connaissance, aucune mention de cela sur le site du CIFQ
Cri d'alarme, voir l'excellent documentaire de Richard Desjardins:
L'erreur Boréale