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samedi

Encore un krach: l'aveuglement libéraliste

Dossier complet dans le Monde Diplomatique (Manière de Voir)

D'un côté, marché de la dette, produits dérivés, victoire des jeunes loups de la finance sur l’establishment du « vieil argent » ; de l'autre côté, mise au pas du salariat, triomphe politique et idéologique des promoteurs du libre-échange : telles sont les réponses néolibérales à la déstabilisation du monde de Bretton Woods par le flottement des monnaies et les chocs énergétiques.

Leurs partisans ne leur trouvent que des avantages : les profits des entreprises augmentent, l’inflation baisse, la Bourse flambe, l’abondance de liquidités favorise l’innovation technologique. Mais les adversaires de ce nouvel ordre objectent que la finance de marché a enclenché un véritable moteur à explosion. Explosion sociale, avec le chômage de masse. Explosion économique, avec le découplage progressif de la production et de la spéculation.

L’un après l’autre, tous les éléments du système craquent : la Bourse débridée, avec le krach de 1987 ; la banque déréglementée, avec la faillite des caisses d’épargne américaines ; l’immobilier spéculatif, avec l’explosion de la bulle qui, en 1990, plonge le Japon dans une décennie de marasme ; l’interdépendance, enfin, avec la crise du bath thaïlandais de 1997 qui contamine toute l’Asie du Sud-Est, la Russie, puis l’Amérique latine.

On mesure le degré d’hégémonie d’un système à sa disposition à persévérer dans l’erreur. Plus l’histoire donna raison aux détracteurs du néolibéralisme, plus ses apôtres affirmèrent la nécessité d’en étendre l’emprise. D’Enron à la bulle Internet, le moteur à explosion n’en finit pas de hoqueter... Jusqu’où ?

lundi

L'égoïsme


On vient de promettre aux requins de la finance à New York près de 1000 milliards de dollars en aide d'urgence, et on a du mal à augmenter l'aide internationale de un ou deux milliards de dollars par année.

Et nous cautionnons tous ce système. Que chaque jour dans le reste du monde 40 000 enfants crèvent de faim ("au milieu d'un jardin") n'émeut guère l'Occidental repus, surtout au moment de lire son rapport de Fonds commun de placement.
Pourrais-je encore me payer des inutilités une fois arrivé à la retraite, aurais-je encore la capacité de changer de voiture tous les quatre ans?
Notre égoïsme éclate aujourd'hui à la face du monde. Pourtant, aider les pays en voie de développement pourrait inclure ces populations graduellement dans les circuits économiques internationaux.
Qui sait, ces gens pourraient un jour importer des produits de chez nous et soutenir ainsi l'économie réelle. À moins que ce ne soit plus payant de les laisser sombrer dans les conflits.