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dimanche

Permutation des pneus

Tout simplement pissant (Mario Dumont brassait récemment les cartes de son cabinet dans une tentative de revigorer son parti en chute libre.)
Par Garnotte.


Pendant que j'y suis, une autre excellente de Garnotte:

(Jean Charest - PL, Pauline Marois -PQ, Mario Dumont - ADQ)








Bravo Michel Garneau pour les petits éclairs de génie.

vendredi

Les riches, ils servent à quoi?


   Adapté du Monde Diplomatique de ce mois-ci:    

LE PETIT MONDE DES GRANDES FORTUNES

Une croissance à faire rêver les gouvernements : 8,3 %. C'est
l'augmentation du
nombre de millionnaires en
2006. Les milliardaires ne sont pas en reste :
le magazine « Forbes » en recensait 209 en 1998 ;
il en
compte 1 125 aujourd'hui
.
Et on "prouve" que la mondialisation ne
profite pas qu'aux Occidentaux en parlant du triomphe de la

« diversité » des riches: quatre des huit personnes les plus
riches de la planète sont indiennes ; et des nababs
russes,
turcs, polonais et brésiliens s'ajoutent à un palmarès toujours dominé par les Américains.
Ils édifient des musées, signent des chèques aux artistes
maudits, vaccinent les enfants africains, secourent la
veuve
et l'orphelin : qui douterait de l'utilité sociale des riches? Leur belle philanthropie est utile pour légitimer leur
mainmise sur les affaires du monde et
justifier un rapport de forces qui, depuis trois décennies, penche toujours
plus lourdement en faveur des détenteurs du
capital. D’après une étude publiée fin mars par le cabinet de
conseil Oliver Wyman, la fortune cumulée des
millionnaires de la planète s’élèverait à 50 000 milliards de
dollars
.
C’est trois fois et demi le produit intérieur brut américain et cinquantefois le montant des pertes
occasionnées par la crise financière
ouverte en 2007 et décrite comme la plus grave depuis 1929.

Ce sont eux qui imposent bas salaires et chômage,
générateurs de division des populations entre elles.
Ce sont eux qui décident d'investir ici, de restructurer là, de spéculer sur le prix du blé quand la
Bourse
rapporte moins - sans trop se soucier des salariés et
des famines. Ce sont eux qui accaparent les centres-villes
dont ils chassent les habitants non solvables. Ce sont eux qui promeuvent un mode de
consommation
préjudiciable à l'environnement. Sans parler de leur intervention dans les affaires publiques,
singulièrement lors des
campagnes électorales.


Leur fortune croît grâce à l'Etat, quand la puissance publique solde
ses avoirs au privé et déréglemente la finance.
Elle prospère enfin quand droite et gauche
s'accordent pour laisser aux forces du marché le soin d'organiser la
répartition des richesses
.

Dans nombre de
pays occidentaux, la part des salaires dans le produit national s'est effondrée depuis la fin des
années 1970.
Simultanément, la tranche supérieure d'imposition sur les revenus était divisée par deux, parfois par
trois.
À leurs yeux, le monde se divise en deux camps : une vaste classe moyenne et le petit club des immenses
fortunes, auquel ils rêvent d’accéder.
Dans leur représentation,
les pauvres n’existent pas. « Si vous
convainquez tout le monde qu’ils appartiennent à la classe moyenne,
note Walter Benn Michaels,
alors vous avez accompli un tour de magie : redistribuer la richesse sans vraiment transférer d’argent
. »

La recette de l’inégalité socialement soutenable.


* Pierre Rimbert

mardi

La bataille des spermatozoïdes

Je n'ai vu que la finale de Occupation Double.
Gros drame: Éric, le narcissique-fendant-futur-requin-financier, doit éliminer une fille parmi deux de ses dernières femelles d'accouplement.
C'est Natacha qui y passe (celle qu'il a pelotée devant vos deux millions de yeux avides).
Immédiatement après cette élimination cavalière, gros french kiss à l'élue Isabelle (une autre pelotée...) pendant que Natacha est en larmes dans l'autre pièce.
Éric a un remord (tiens, un semblant de morale?), il va la consoler. Mais pas de french pour cette perdante!
Puis, retrouvailles dehors avec les parents des gagnants.
Leur commentaire: "Il (elle) a fait une bonne job" (on est le fils de notre père, pas vrai?) et l'animateur Salvail, qui mouille probablement sa culotte devant les célèbres abdos de Éric dans ses rêves, demande à ce dernier: "Avez-vous des projets de bébé?" Réponse du prédateur: "On s'y met ce soir."
Ha ha, l'auditoire se roule par terre. Le ridicule ne tue pas, malheureusement.

Si cet étalage de bas instincts primitifs n'est pas la faute des médias, alors c'est celle du public à l'inconscient collectif complètement brainwashé et malade.

Pendant cette journée d'abrutissement collectif, au moins 50 000 personnes (oui 50 000) sont mortes de faim ou des suites de la faim dans le monde (et le jour d'avant, et le jour d'après aussi)
MAIS Éric a eu sa Natacha, sa maison et son beau char! Ça n'arrête pas d'aller bien!

Même chose à la télé américaine où la série Average Joe met en scène 16 types "ordinaires" (bedonnants et chauves: ne correspondant pas aux normes artifielles en vigueur dans nos sociétés malades). Ils doivent gagner les faveurs d'une belle jeune gazelle. Exactement comme les spermatozoïdes se battant pour entrer dans l'ovule. Peut-on possiblement être plus primitif? Où cela s'arrêtera-t-il?

ÉPILOGUE :
Je ne suis PAS contre le divertissement ni contre la téléréalité. Je ne suis pas contre les couteaux non plus, mais de l'USAGE qu'on en fait: couper une patate ou poignarder autrui? De même, je ne suis pas contre la télé, mais contre ce qu'on en fait, ce qu'elle choisit de nous montrer et ce qu'on choisit de regarder et d'imprégner notre cerveau éponge.
Par exemple, Road Runner qui fait les cent coups au coyote EST un "pur divertissement" (qui n'apporte rien). Oui il y a des bleus; pourtant ces dessins animés ne m'ont pas donné l'idée de faire pareil à mon voisin: même tout petit je comprenais que c'était de la rigolade absurde.

Mais ces émissions où des humains doivent mentir, trahir, séduire hypocritement, poignarder dans le dos et bitcher pour GAGNER VÉHICULENT des VALEURS ordurières: on gagne plus si l'autre perd!

Si vous croyez que ce spectacle qui n'est pas un dessin animé n'a aucun effet sur un public d'humanoïdes (surtout sur l'inconscient),
alors c'est qu'ils vous ont eus. Vous me direz alors: c'est la réalité. Alors? Faut-il encourager des comportements sous prétexte qu'ils sont la "réalité"?
Faut-il pour autant faire des assassins des vedettes? On le sait que l'humain est une bête primitive, faut-il en faire un exercice quotidien d'auto-indulgence dans les mass medias?!

Excusez, je dois aller vomir.

dimanche

Qui affame qui au fait?

(Cliquer pour agrandir)

Avez-vous déjà eu une grosse faim? Vous savez, quand on se sent physiquement diminué, mentalement désorienté, hop! un hamburger et on peut continuer de magasiner avec entrain.
Au moins la moitié de l’humanité vit cela chaque jour (je ne parle pas du magasinage...)
Attendez! Facile d’oublier que chaque jour, au moins 50 000 personnes dans le monde, surtout des enfants, meurent de faim ou de malnutrition. Le téléjournal devrait faire CHAQUE JOUR la manchette avec ces 50 000 morts absurdes, mais il préfère s'exciter avec un enfant noyé dans une rivière, un bébé «secoué» ou la victoire du Canadiens de Montréal. Ça, tout le monde est au courant!

Notre planète pourrait nourrir au moins 12 milliards de personnes avec un principe de partage et une répartition des ressources.Nos épiceries regorgent de nourriture, c’en est gênant. Et les surplus sont soit détruits, soit dumpés à petits prix dans les pays pauvres. Ça peut les nourrir, mais ce dumping détruit leur économie et les rend esclaves des pays riches (nous, qui sommes malades de trop ou mal manger). Il y a 100 millions d’obèses aux États-Unis seulement. Le calcul est très simple: il faut à un homme environ 2000 calories par jour pour se "maintenir". Nous des pays riches en consommons jusqu'à 3000, et les 4,5 milliards d'autres humains arrivent à peine à en trouver 1000. Bien sûr, je ne peux envoyer mon plat de spaghetti en Afrique; il faut d'abord prendre conscience et dénoncer. Car contrairement à ce qu'on dit souvent, oui, les mots et les idées peuvent "changer le monde". Même l'univers a été une idée avant d'exister.

Bientôt, en voyant la famine à la télé, il faudra réaliser que cette nourriture se trouve dans la tank à gas ("biocarburants") du beau véhicule à explosion qui fait notre fierté. Et tout en dégustant notre steak, on se rappellera qu’il a fallu (pour engraisser le bœuf) une quantité d’eau et de céréales qui aurait pu aider 10 personnes plutôt que votre majesté et son boeuf. Et on ne peut "rien changer à la misère du monde" ?

L’hypocrisie du Premier ministre canadien Harper (comme nombre de gouvernements riches) ahurissante: d'une main, il subventionne (avec votre argent) la production d'éthanol et enrichit ainsi ses amis; de l'autre, il rend l'image d'un homme généreux qui donne (avec votre argent) par le biais de l'ONU. Ainsi, il veut «aider les affamés», et en même temps ils propose la loi C-33 qui va favoriser l'usage des bonnes terres agricoles pour mettre du gaz dans votre char, même si ça fait augmenter le prix des céréales!

Bien sûr mon analyse ne tient pas compte de toutes les complexités de ce problème, mais les faits sont là. S’il faut aider les pays affamés, c’est à améliorer leur propre agriculture, leur élevage et leur production laitière (montrer à pêcher plutôt que donner un poisson) MAIS depuis l'ère coloniale, les pays «avancés» ont empêché cela. Pourquoi? Pour maintenir la dépendance de ces populations envers les exportations des pays riches. Pareil au Canada: on manipule les programmes d’aide alimentaire pour écouler à prix de dumping nos céréales de trop, quand elles ne sont pas transformées en gas à char.

Le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale (châteaux-forts des requins) ont aidé les pays pauvres, mais à condition qu’ils n’investissent pas trop cet argent dans leur agriculture locale de subsistance. Objectif atteint : ces pays sont de plus en plus dépendants, donc esclaves. L'OMC est encore pire: elle menace les pays en développement de sanctions s’ils subventionnent leur agriculture locale, mais elle permet aux pays riches de le faire, car ça aide à vendre à prix plus concurrentiels! De même, cette chère ONU distribue ces surplus subventionnés sous forme «d'aide humanitaire» (déductible d'impôts) qui est en fait du dumping. La stratégie marche bien : le prix des céréales n'a pas chuté, il a même doublé. Résultat : les actionnaires sont heureux, la famine est provoquée et les émeutes dans le monde. Voilà la nouvelle guerre mondiale, qui se joue maintenant dans les tours des bourses climatisées et les banques qui veulent nous « aider ».

Parmi les espoirs, JOSEPH STIGLITZ. Un expert que les professeurs d’université néolibéraux préfèrent ignorer. Prix Nobel d’économie et professeur d’Université, ancien président des Conseillers économiques du président Clinton, il a quitté son poste d’économiste en chef et de vice-président de la Banque Mondiale parce qu'il était écoeuré des méthodes de cette «noble» institution et du Fonds monétaire international. Depuis, il dénonce la tyrannie de l'économie de marché. Il a publié de nombreux ouvrages.





Voir: Joseph E. Stiglitz et la crise financière

Voir: «L'éclairage de Joseph Stiglitz» sur cette page de Radio-Canada.

Voir: Analyse de Nirou Eftekhari, Chercheur-économiste indépendant