Rechercher dans ce blog

Affichage des articles dont le libellé est surconsommation. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est surconsommation. Afficher tous les articles

lundi

Désobéir: la dernière résistance

Les gens ont l'impression qu'ils sont "libres". Mais en réalité ils sont encore plus soumis que d'autres personnes vivant dans des pays menés par des dictateurs. Ils font ce qu'on leur dit. Ils obéissent aux publicités."Quand vous avez tout ce que vous désirez, vous êtes gagnant" (slogan de Hyundai). Je dois en déduire que je suis un perdant, c'est ça?

Les gens sont conformistes. Le gouvernement vole des milliards de leurs poches et ils le réélisent quand même. Ils n'osent pas sortir de la masse de peur de se faire "trimmer" la tête par l'égalisateur de foules comme la tondeuse le fait avec le gazon.

Ils s'accommodent de cet esclavage déguisé en liberté par les autorités économiques et les multinationales. Ils ne posent pas trop de question et acceptent leur sort, TANT QUE cette société basée sur la consommation leur garantit un certain "niveau de confort" et de jolies bébelles inutiles et hors de prix. La seule pensée de l'extrême pauvreté vécue par la moitié de l'humanité leur fout la trouille, leur est insupportable parce que cela briserait leur bulle d'illusions.
Pour changer le monde, il faut désobéir. Mais cela vous terrifie.

Hyperconsommation: il faudra que ça cesse

La civilisation du "bonheur paradoxal"
"Les sociétés hypermodernes sont des sociétés d'inflation déceptive. Après les cultures de la honte et les cultures de la culpabilité, voici le temps des cultures de l'anxiété, de la frustration et de la déception. "
La religion est de moins en moins un alibi pour apaiser nos angoisses et nos déceptions. Pour de plus en plus de gens, les traditions et la religion ne sont plus de grands phénomènes de consolation (...) Dans nos sociétés hyperindividualistes, il ne semble ne plus rien y avoir en face."
"Aujourd'hui, la notion de tradition est galvaudée. Le cas du Québec est révélateur à cet égard. Les Québécois revendiquent une culture spécifique et un certain statut pour la langue française. Il s'agit bien du désir de préserver une tradition, mais une tradition à la sauce individuelle. Or, aujourd'hui, les Québécois s'interrogent sur leur avenir. La tradition québécoise est interrogée, elle n'est plus reçue héréditairement."
(Cliquer pour agrandir)

La société d'hyperconsommation a-t-elle engendré un nouveau type de consommateur? "Désormais, on achète des choses pour les montrer, s'afficher, être reconnu. Il y a une recherche permanente d'émotions, de sentiments, de communication. Autrefois, pour apaiser les angoisses, il y avait la messe ou la prière. Aujourd'hui, vous allez dans les grands centres commerciaux, au théâtre, au cinéma..."
"Il y a dans nos sociétés une vraie spirale de dépression, d'anxiété, de consommation de produits psychotropes, de psychothérapies en surnombre... On voit aussi les effets de l'hyperconsommation avec la multiplication des sectes et de groupes complètement déjantés, qui peuvent conduire à une véritable crise de nos sociétés. L'hyperconsumérisme désorganise les cultures et déstabilise les individus.
L'hyperconsommation est en train de causer des désastres écologiques. La surconsommation énergétique devra tôt ou tard s'arrêter, faute de quoi il faudra prendre des mesures draconiennes, comme celles déjà en vigueur dans des villes très polluées, où l'on a interdit la circulation des voitures."
Le Bonheur paradoxal. Essai sur la société d'hyperconsommation
Gilles Lipovetsky Éditions Gallimard, 2006, 377 p.
La Société de déception
Entretiens de Gilles Lipovetsky avec Bertrand Richard Éditions Textuel, 2006

Vous n'êtes pas ce qu'on vous DICTE de désirer


Infiniment plus qu'un film de "bataille", Fight Club est plus pertinent que jamais. Voici des extraits qui constituent le noyau du film selon moi (paroles de Tyler joué par Brad Pitt):

"Vous achetez des meubles. Vous vous dites : C'est le dernier sofa dont j'aurai besoin. Qu'importe ce qui se produira, j'ai réglé le problème du sofa. Puis, ce sera le problème du bon ensemble de vaisselle, de l'auto, du condo, et tout le reste.
Voici donc une génération entière d'esclaves qui ne savent pas qu’ils sont esclaves: la publicité leur dicte leurs besoins et les poussent à tout faire pour obtenir ces belles voitures et ces vêtements hors de prix, à endurer un emploi qu'ils détestent pour pouvoir acheter toutes ces choses dont ils n'ont pas besoin.
Nous sommes les enfants "moyens" de l'histoire, sans but ou endroit qui nous soit propre. Nous n'avons aucune grande guerre, ou grande dépression :
la grande guerre est une guerre spirituelle. La grande dépression est celle de nos vies.
Nous avons été dressés et élevés par la télévision
pour croire que nous serons des millionnaires, des dieux du cinéma ou des vedettes du rock. Mais nous réalisons que nous ne serons rien de tout ça. Et nous sommes très, très en colère.
Vous n'êtes pas l'argent que vous avez à la banque.
Vous n'êtes pas les vêtements que vous portez.
Vous n'êtes pas le contenu de votre portefeuille.
Vous n'êtes pas votre automobile.
Vous n'êtes pas votre travail.
Nous devrions être définis par les choix que nous faisons."
Une analyse du film : Fight Club est une critique de notre société occidentale. Tyler considère que vivre dans une société de consommation, de l'accepter puis de devenir acteur ne peut pas mener au bonheur. Le Fight Club en lui même n'est que le prolongement physique de la "non-virilité" de ses participants. À travers ces combats sanglants, ils retrouvent leur envie de se battre pour ce qu'ils sont, de prendre les choses "à bras le corps". Ils comprennent qu'acheter un cinéma maison procure beaucoup moins d'adrénaline et de satisfaction personnelle que de mettre un adversaire au tapis.
Bien sûr, c'est au second degré qu'il faut certainement percevoir Fight Club ; d'ailleurs cette ironie et ce second degré se trouvent dans la schizophrénie du personnage qui devient victime de lui-même. Comme les discours anticapitalistes qui dépendent de l'existence même du capitalisme, le personnage devient victime de son refus de la réalité telle qu'elle se présente : abrupte.