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jeudi

Réalisations du Parti Québécois indépendantiste

Quelques principales réalisations du Parti Québécois depuis sa première prise de pouvoir le 15 novembre 1976.

la Charte de la langue française (1977)

la Loi sur le financement des partis politiques (1977)

le droit à la non-discrimination des homosexuels (1977)

la Loi anti-briseurs de grève (1977)

la Loi sur la protection du territoire et des activités agricoles (1978)

la création de la Société de l'assurance automobile du Québec (RAAQ/SAAQ) (1978)

la Loi sur l'aménagement et l'urbanisme (1979)

la création du ministère de l'Environnement (1979)

la création du Régime d'épargne-actions (RÉA) (1979)

la création de la Commission sur la santé et la sécurité au travail (CSST) (1979)

la création de la Commission des normes du travail (1980)

le droit à la non-discrimination des femmes enceintes (1982)

la Loi sur l'accréditation et le financement des associations d'élèves ou d'étudiants (1983)

la création du Fonds de solidarité FTQ (1983)

la Loi sur l'équité salariale (1996)

la Loi sur l'équilibre budgétaire (1996)

la création des centres de la petite enfance (1997)

la création du régime public d'assurance médicaments (1997)

la création de la société Investissement Québec (1998)

la création d'Héma-Québec (1998)

la signature de la Paix des Braves (2002)

la fin du nucléaire (2012)

mardi

Discours de P.-K. Péladeau sur l'indépendance et la richesse du Québec - 30 nov. 2014

Voici l'intégrale du discours de candidature de Pierre-Karl Péladeau
30 novembre 2014
La vidéo est ici
(Rappel: toutes les provinces canadiennes sont DÉJÀ des États, elles ne sont juste pas encore souveraines, prisonnières de l'État fédéral).

Mes chers amis (formules de politesse),

C’est un grand jour pour moi. C’est un immense plaisir de vous voir aujourd’hui, dans ce comté où nous nous sommes d’abord rencontrés.

Il y a près de huit mois, je franchissais une étape importante dans ma vie : je quittais le monde des affaires pour faire le saut en politique.Le 9 mars, je me présentais comme candidat pour le Parti Québécois dans le comté de Saint-Jérôme. J’en fus élu député et je le représente fièrement.

Aujourd’hui, c’est un saut aussi important. Vous le savez, et ce n’est plus un secret, mais je vous annonce officiellement aujourd’hui que je serai candidat à la direction du Parti Québécois.

Vous l’aurez remarqué, je ne me suis pas précipité dans cette course. Ces derniers temps, on m’a souvent demandé si je me présenterais. Et chaque fois, je répondais que j’étais en réflexion en toute sincérité.
Si j’ai longuement réfléchi, c’est que je voulais prendre toute la mesure de ce rôle. Je voulais réfléchir à l’histoire de notre parti, et aussi, et surtout au projet de pays.

Je voulais me promener partout au Québec. Je l’ai d’ailleurs fait au cours d’une dizaine de réunion avec les militants, de Charlesbourg à Terrebonne, de St-Jean Chrysostome à Trois-Rivières et bien évidemment à Saint-Jérôme.

Vous le savez, j’ai passé l’essentiel de mon existence à créer de la richesse, des emplois et aussi à poursuivre l’œuvre de mon père qui voulait démontrer que les Québécois pouvaient et devaient réussir aussi dans le monde des affaires comme bien d’autres Québécois l’avaient fait dans d’autres champs d’activités.
Cela m’a appris une chose : il est absolument fondamental qu’un peuple contrôle son économie.



Maîtriser son économie, c’est être maître chez soi, c’est avoir le contrôle de son destin, ne pas être soumis à une volonté qui n’est pas prioritairement consacrée à nos concitoyens.
Être maître chez soi, c’est la grande leçon que nous ne devons jamais oublier de la Révolution tranquille, prélude à l’émergence des Québécois dans le monde économique.

J’ai travaillé, vous le savez, dans une entreprise qui joue un rôle majeur dans la culture québécoise.Une culture que j’aime du fond du cœur,qui est l’expression de la personnalité profonde de notre Québec. Une culture qui nous donne des raisons de vivre et dans laquelle Julie et moi éduquons nos enfants fièrement.
Une culture qui doit vivre, qui doit fleurir, qui doit rayonner.

Mon entreprise, je l’ai reçue en héritage de mon père, et je l’ai fait croître. Je ne suis pas parti de rien, mais de ce que m’a laissé un grand bâtisseur de notre Québec moderne. Je crois bien qu’il serait très fier de mon choix. C’était un grand Québécois. Il a voulu faire la preuve que les Québécois étaient capables de grandes choses, qu’ils n’étaient nés pour un petit pain pour employer cette expression que tous connaissent.

J’ai travaillé à faire grandir ce que j’avais reçu. Et je ne suis pas le seul à avoir fait de même. Chaque génération devrait se dire la chose suivante : lorsque vous avez autant reçu, il faut savoir donner davantage.Nous devons énormément à ceux qui nous ont précédés.

Nous devrons en remettre encore plus à nos enfants. Et c’est pour cela que nous devons croire en la politique :pour bâtir ensemble un avenir encore meilleur.

Si je me lance en politique, c’est parce que j’ai envie de rendre au Québec ce qu’il m’a donné.
Je crois en la politique. On ne s’y lance pas à la légère. On s’y engage parce qu’on croit dans le plus profond de son être que c’est la manière la plus noble de servir son pays.
Et si je m’y suis engagé en ralliant le Parti Québécois dont je suis un fier membre aujourd’hui, c’est parce qu’il est celui qui a le mieux servi les Québécois et celui qui continuera à mieux les servir.

Le chef du PQ n’est pas le chef d’un parti parmi d’autres. Les Québécois sont plus exigeants envers lui qu’envers les autres chefs politiques. C’est normal. Le chef du PQ est celui ou celle qui désire accomplir ce qu’il y a de plus légitime dans la vie d’un peuple, faire de sa nation un pays.
Le chef du Parti Québécois doit rassembler. Il doit rassembler les souverainistes. Plus encore, il doit rassembler les Québécois, au-delà des étiquettes qui les divisent.

Car les Québécois ont beaucoup plus en commun qu’on ne le croit.
Nous partageons une langue, une culture, des institutions, un territoire, des valeurs.

Nous avons un même désir de pour suivre ensemble leur histoire. Nous avons traversé des épreuves, nous en traverserons d’autres.
Mais nous avons toujours décidé de le faire ensemble en sachant qu’ensemble, nous pourrions bâtir un Québec toujours plus beau, toujours plus riche, toujours plus juste.

La tâche du prochain chef du Parti Québécois n’est pas une mince affaire.
Il devra d’abord reconquérir ceux et celles qui doutent maintenant des bienfaits d’être maître chez nous.
Notre parti est une institution à la fois robuste et fragile. 
Il est robuste, car il a traversé de dures épreuves, au fil de l’histoire. Il a survécu à toutes les prévisions qui annonçaient sa disparition.

Il ne faut pas s’en étonner. Le Parti Québécois est le véhicule d’une aspiration indémodable, celle de la liberté de notre nation.
Mais notre parti est fragile. La défaite n’est jamais agréable et celle du 7 avril l’était encore moins. Elle nous a ébranlés. Elle m’a ébranlé aussi.
Certains sont tentés de baisser les bras. Ils ne devraient pas. Car la défaite peut toutefois donner l’occasion de changer ce qui n’allait pas, de se donner une nouvelle direction.

On cherche à nous faire croire que la souveraineté est déphasée.
Cette idée s’est lentement installée.
C’est faux. C’est terriblement faux.

Dans de nombreux peuples, elle fleurit et elle pourra fleurir au Québec, mais nous devons en faire la preuve en partant à la rencontre des Québécois et des Québécoises.

Le Québec traverse actuellement une crise majeure.
Jamais le gouvernement québécois (Parti libéral) n’a été aussi éloigné des intérêts des Québécois.
Il agit comme fossoyeur d’une multitude d’institutions, la dernière en date étant les CPE, qui ont fait du Québec une société distincte caractérisée particulièrement par un esprit de solidarité hérité de nos ancêtres qui ne l’ont pas eu facile.
Philippe Couillard travaille fort à obtenir le titre de pire premier ministre de notre histoire. Et tous, nous pouvons craindre qu’il y arrivera à brève échéance.
Il regarde notre peuple de haut,persuadé de tout comprendre ce qui lui échappe. Il pense et il agit comme quelqu’un qui veut avoir raison contre tout le monde.

Dans quatre ans, il nous faudra bâtir une grande coalition québécoise pour entreprendre la reconstruction du pays.C’est ce à quoi je m’efforcerai d’accomplir.

Cette coalition, il faut commencer à la bâtir maintenant. Il nous faut bâtir l’alternative crédible au gouvernement Couillard, qui inspirera chez notre peuple le goût du dépassement qui rend les grandes choses possibles.

Le choix sera clair : un parti qui se contente d’un espace réduit pour le Québec et un autre qui croit que les Québécois sont capables de prendre en main leur destinée.
Un parti qui s’imagine que la solidarité coûte trop cher, que la culture coûte trop cher, que notre identité coûte trop cher, et un autre qui croit que la solidarité nous rend forts, que la culture nous rend fiers et que notre identité est notre héritage le plus précieux.

C’est une conviction que j’avais lorsque j’évoluais dans le monde des affaires. Elles est renforcée en politique : on ne fait rien de durable sans une vision claire.
Ce qui veut dire que cette coalition,elle avancera sous un étendard qu’elle ne cachera plus jamais : celui du pays québécois.

Je me souviens de mes jeunes années : la souveraineté avait quelque chose de romantique. La souveraineté, c’est évidemment une question de cœur. Être chez soi, dans notre vrai pays comme tous les peuples qui ont eu le courage de s’affirmer.
La souveraineté, c’est aussi une question de culture. Vivre dans sa langue et ne pas voir l’État canadien saper nos efforts pour permettre notre épanouissement et notre rayonnement.
Toutefois, on le sait, notre cause a connu de meilleurs jours.

S’il faut en croire les prophètes de misère, le 7 avril les Québécois se sont massivement convertis au fédéralisme. Ce n’est pas ainsi que j’ai compris leur message. Pour plusieurs, la souveraineté est devenue bien lointaine et bien abstraite. Les tenants du fédéralisme l’ont réduit à la tenue d’un référendum divisant les familles. Je dirais plutôt qu’ils sont moins hostiles à la souveraineté qu’ils l’ont plutôt perdu de vue.

Comme s’ils ne voyaient pas à quoi elle pouvait servir et ce qu’elle pouvait nous apporter.
Ils nous ont dit : « Faites votre travail. Vous voulez faire la souveraineté? Expliquez-nous pourquoi. » Je suis d’accord. Comment ne pas l’être?

À ce grand élan du cœur dont je parlais doit s’ajouter une minutieuse et concrète démonstration des avantages du pays.

Nous devrons faire la preuve que du Québec-province au Québec-pays, les Québécois seront gagnants et que nous continuerons à réussir délivré des obstacles que l’État canadien aura mis sur notre chemin, pour ralentir notre légitime quête de liberté.

Ce pays nous appartiendra, nous pourrons le faire fructifier pour nous avant tout, le faire pour nos enfants,le faire pour que nous soyons fiers des emplois et de la richesse que nous continuerons à créer au bénéfice de tous.

Nous n’aurons plus à quémander au gouvernement canadien l’aumône de cette fausse péréquation (NOTRE argent) que l’on nous sert pour mieux nous endormir et nous assujettir à cette funeste conception que nous ne valons pas la peine d’être libre.

Pour parler du pays, il faudra sortir des sentiers battus.
Par exemple, on parle beaucoup d’environnement depuis quelques années. C’est une grande révolution des mentalités que nous avons connue : nous avons découvert que la planète est fragile, qu’il faut en prendre soin.
Nous avons compris qu’on ne saurait développer en saccageant. Le souci de l’environnement, c’est celui du monde dans lequel nous vivrons. La question de 
l’environnement est bien plus concrète que certains veulent nous faire croire.

Entre le Québec et le Canada, un désaccord majeur émerge de plus en plus: alors que le Québec opère un passage réussi vers l’économie verte, le Canada se contente de devenir un État pétrolier.
On le voit en ce moment avec le débat sur l’oléoduc. Philippe Couillard semble croire que le Québec doit consentir à l’oléoduc sans rien dire en guise de remerciements pour la péréquation canadienne. Je m’oppose à cette mentalité de porteur d’eau, fier de l’être et incapable de s’affirmer par lui même.

Il ne s’agit pas de s’opposer au développement. Mais le vrai développement est durable et intelligent. Le Québec a un privilège d’ailleurs.
Ses intérêts économiques croisent ses intérêts écologiques. Nous ne devons sacrifier ni les uns, ni les autres.

Parce que de grands citoyens nous ont laissé des réalisations remarquables comme Hydro-Québec, cette richesse nationale qui produit de l’énergie hydroélectrique, verte et durable, nous pouvons et nous devons nous investir sur le chantier planétaire de l’écologie et offrir à notre jeunesse des opportunités de création de richesse bénéfique pour toute l’humanité aux prises avec le fléau de la pollution.

Plus prosaïquement aussi, nous le voyons avec le pont Champlain. Comment tolérer que ce soit le gouvernement fédéral qui décide pour le Québec dans une question aussi vitale que celle du transport?

Mon expérience comme chef d’entreprise me vient à l’esprit. Il nous faut une vision d’ensemble de notre situation dans la fédération canadienne. Ce n’est qu’ainsi qu’on comprendra à quel point y appartenir nous limite notre potentiel d’enrichissement.

Les intérêts du Québec se déclinent sur plusieurs facettes. De la politique énergétique à la politique économique, de la question des transports à celle de l’accueil des immigrants, il faut toujours faire ressortir l’intérêt québécois.
Et c’est ainsi que les Québécois découvriront les avantages concrets de faire du Québec un pays.

Notre plus bel actif d’avenir, c’est notre jeunesse. Ils vivent pleinement la mondialisation, ils se sentent pleinement Québécois, ils ne ressentent aucune contradiction entre les deux.
Ils ne doutent pas de leur identité, et pourtant, ils ne voient plus comment la souveraineté pourrait leur servir.
Aux dernières élections, ils n’ont pas suffisamment rejoint le Parti Québécois.
L’immense opportunité qui s’ouvre à nous est de les intéresser aux défis de notre nation.

Nous devons les convaincre de voir la souveraineté non pas comme un repli sur un Québec forteresse, mais comme la plus belle manière de se lancer à la conquête du monde.
Je vois des milliers de Québécois réussir sur tous les continents, et conserver un lien vivant avec leur pays.Tout comme ceux et celles qui, venant de l’extérieur, reconnaissent l’ouverture d’esprit et la générosité légendaire des Québécois.
C’est ainsi aussi que nous convaincrons nos compatriotes issus de l’immigration de rejoindre notre cause.

Une chose est certaine : le Québec est assez riche pour devenir un pays. Il le serait encore plus s’il était indépendant.

Je crois qu’il est possible de faire du Québec un pays français, prospère, et juste où chacun aurait la chance de réussir. Un pays qui réussira collectivement et qui rendra possibles des millions de réussites individuelles.

Je crois à une société prospère, vous le savez. Et je crois que la prospérité est la meilleure garante de la solidarité.
Celle que nous devons à ceux qui n’ont pas été privilégiés par leur naissance, nous ne devons jamais les abandonner.
Celle que nous devons aussi aux jeunes familles qui ressentent les contraintes épuisantes de la vie d’aujourd’hui et qui ont besoin d’un coup de pouce, de savoir que l’État est présent pour leur permettre de réussir.

La solidarité ne doit pas être qu’un slogan. Elle est concrète, ressentie et vécue.
Elle est inscrite dans le cœur de notre histoire. Elle a d’abord été une question de survie.
C’est cette solidarité dans nos villages et nos paroisses, dans nos villes et dans nos quartiers, qui a façonné cette sensibilité constituant aussi un des fondements de notre être et de notre culture.
Une petite nation francophone en Amérique ne pouvait pas faire autrement.

Nous nous sommes toujours entraidés. Nous n’avions pas le choix. Cela ne veut pas dire, pour autant, que nous ne croyons pas au succès individuel, à l’effort individuel, à la réussite individuelle. Peut-être aussi devrions-nous la célébrer encore davantage pour que nous puissions en être encore plus fiers collectivement. Avec la Révolution tranquille, nous avons commencé à nous affirmer. Nous avons demandé à l’État de jouer son rôle et de tisser un filet social pour nous assurer que personne ne soit laissé pour compte. 

L’État doit être le gardien de notre solidarité. Car l’État n’est pas l’entreprise privée.

Évidemment, il faut moderniser l’État.Il faut le gérer avec rigueur. Gérer de manière rigoureuse nos finances, c’est une manière de tendre la main à ceux qui nous suivront.




Mais ce n’est certes pas en utilisant la vision unidimensionnelle du parti libéral, celle d’uniquement couper dans les dépenses dans la plus grande improvisation que nous nous engageons dans la voie de l’avenir. La création de richesse et l’investissement dans nos chantiers d’avenir ne font partie de leur réflexion ni de leur espérance (le Parti libéral).
Surtout, une gestion rigoureuse n’est pas une gestion sans ambition.

Par exemple, mon récent passage à Hydro-Québec m’a convaincu d’une chose : de grands projets susceptibles de conjuguer l’économie et l’environnement sont possibles. Je pense ici à l’électrification des transports, qui n’est pas une utopie, mais un vrai projet de société.

Il faudra aussi identifier les filières, comme celle de l’aluminium, par exemple,qui sont les plus susceptibles de permettre le développement de l’économie québécoise dans le contexte de la mondialisation.

Je pourrais énumérer des tas d’exemples pour illustrer ce rôle de l’État qu’il nous faut réhabiliter.

C’est pour cela que j’ai soulevé à plusieurs reprises la question d’une politique industrielle québécoise. Il est insensé qu’il n’en existe aucune digne de ce nom en ce moment.

Mais qu’on me comprenne bien :dire que l’État peut jouer un rôle, cela ne consiste pas à nier cela des individus.
Il faut renouer avec l’esprit d’initiative au Québec. On le sait, les Québécois, en Amérique du Nord, traînent de la patte en matière de création d’entreprises.

Nous devons nous redonner confiance et nous inspirer des succès de nos grands Québécois comme mon père et bien d’autres Jean Coutu, Alain Bouchard, Serge Godin qui nous servent tous de mentors à la réussite.
Le Québec sera prospère et il sera juste.

Et ce qui rendra possible notre excellence dans le monde qui vient, ce sera encore l’éducation. L’éducation, l’enseignement et la connaissance nous ont extirpé de l’ignorance, le malheureux trait commun de ces peuples qui ont subi les affres de la colonisation.

Les Québécois n’ont pas toujours suffisamment valorisé l’éducation parce notre histoire nous a enseigné qu’il était préférable de nous maintenir dans l’état de dépendance aux élites.

Et nous traînons encore aujourd’hui ce boulet, comme en témoigne un taux d’analphabétisme alarmant ainsi qu’un niveau de décrochage scolaire inacceptable. Il est inconcevable dans une société moderne et développée. Nous devons continuer ce combat et en faire une priorité nationale.

Les Québécois, avec la Révolution tranquille, ont investi considérablement en éducation. Nous devions démocratiser l’accès à l’école.
C’était la meilleure manière d’assurer une promotion sociale et de sortir de notre infériorité économique. Nous avons relevé ce défi brillamment.

Aujourd’hui, les Québécois sont appelés à réaliser un effort semblable. À notre époque, ce sont les peuples les mieux formés qui auront le plus de succès. L’école doit équiper nos jeunes pour un monde nouveau tout en leur donnant un ancrage solide dans leur société.

L’école doit former des citoyens. Elle doit transmettre une culture et elle doit le faire fièrement. C’est une mission essentielle qu’elle doit pleinement assumer. Voilà le véritable humanisme.

Maintenant, vous me permettrez de vous parler d’une question qui me tient particulièrement à cœur. Notre monde change. Mais une chose ne change pas, toutefois c’est notre attachement à la culture québécoise. C’est notre volonté de la voir rayonner.

La diversité culturelle est une grande cause aujourd’hui. Il ne faudrait pas que la mondialisation pousse à la disparition des cultures.

Notre culture, celle qui nous a permis de survivre,elle est le ciment qui nous unit.
Il serait funeste que la culture québécoise ne devienne qu’une culture de traduction, et qu’elle ne soit plus capable de réaliser de ses productions originales, qui permettent aux gens d’ici de se retrouver dans des œuvres qui touchent à leur réalité.

De Nelligan à Gaston Miron, de Félix Leclerc à Gilles Vigneault, d’Ariane Moffat à Louis Jean Cormier, de Marie Laberge à Dany Lafferrière, le génie québécois a explosé et explose encore de partout.

J’ai eu l’occasion, dans ma carrière,d’œuvrer à la construction et à la diffusion de la culture québécoise. J’en suis profondément fier. Je crois que nous devons soutenir nos créateurs comme jamais.

Alors voilà ce à quoi je crois, chers amis. Je crois au Québec, j’ai foi en lui, j’ai foi en notre peuple.

Avec des demi-pouvoirs, avec des demi-moyens, nous avons survécu, puis nous avons réalisé de grandes choses.
Nous avons réussi à protéger notre langue et notre culture, puis nous leur avons donné l’occasion, depuis cinquante ans de s’épanouir.

Imaginez ce que nous ferions si nous avions tous nos moyens.

Imaginez si ces efforts étaient investis dans le développement de nos ressources, dans la création de richesses, dans la recherche d’une société plus juste et plus verte.
Imaginez si nous nous assumions, tout simplement, et nous mettions nos énergies à bâtir une société meilleure.

Mes amis, je me présente à la direction du Parti Québécois parce que je crois, sincèrement, qu’avec vous, il nous sera possible de faire un pas décisif dans la grande quête qui nous anime.

Notre peuple est capable de grandes choses. Il est capable de se donner un pays français, prospère, juste et qui donnera sa chance à chacun.

Ce n’est pas un homme qui fera du Québec un pays. Ce n’est pas un parti non plus. 
C’est le peuple québécois qui se dira oui, oui à lui-même. Mon rôle, notre rôle, c’est de l’amener à reprendre confiance en lui, à réussir un pays.

Merci !

Speech - Pierre-Karl PÉLADEAU - Nov 30 2014 on Québec independance and wealth


Complete speech from Pierre-Karl Péladeau, on Québec's independance, solidarity and wealth.
November 30th 2014
Translation from French.
Video here
(Note: all the provinces of Canada are ALREADY States, only not sovereign, yet.)

My dear friends (compliments),

It is a great day for me.
It is an immense pleasure of seeing you today, in this county where we initially met.
Eight months ago, I crossed a big step in my life: I left the business world to make the jump in politics.
On March 9, I was presented in the form of a candidate for the Parti Québécois in the county of Saint-Jérôme. I was elected and I represent it proudly.

Today, it is such an important jump.
You know, it is not any more a secret, but I announce to you officially today that I will be candidate with the direction of the Parti Québécois.
You have noticed : I did not precipitate in this race.
Lately, it was often asked whether I would present myself. And each time, I answered that I was in reflexion, in all sincerity.
If I lengthily reflected, it is that I wanted to take all the measurement of this role.

I wanted to meet everyone in Quebec. I moreover made it during about ten meetings with the activists, from Charlesbourg to Terrebonne, from St-Jean Chrysostome to Trois-Rivières and naturally in Saint Jérôme.
You know it, I spent the major part of my existence to create wealth, jobs, and also to pursue the work of my father who wanted to demonstrate that the Quebeckers could and had to succeed also in the business world as many other Quebeckers did in other fields of activity.

It taught me a thing: it is absolutely fundamental that people control their own economy.
Mastering economy means to be a master in one's own house, it is to be in control of the fate, not to be subjected to a will which is not firstly dedicated to our fellow citizens.

To be a master in one's own house is the great lesson which we must never forget from the Quiet Revolution, the prelude to the emergence of the Quebeckers in the economic world.
I worked, you know it, in a company which plays a major role in the culture from Quebec.

A culture which I love from the bottom of the heart, which is the expression of the deep personality of our Québec.
A culture which gives us reasons to live and in which Julie and I are educating our children proudly.
A culture which has to live, which has to prosper, which has to shine.

My company, I received it in inheritance of my father, and I made it grow. I didn’t start from nothing but from what a great builder of our modern Québec left me. I consider that he would be very proud of my choice.
He was a great Quebecker. He wanted to give evidence that the Quebeckers were capable of great realizations, that they had NOT been born for a small bread roll (nés pour un petit pain), to use a popular expression that we heard many times.

I worked to make even more prosper what I had received. And I am not the only one to have done the same.
Every generation should say to itself : when you so much received, you must know how to give back more.
We owe enormously to those who preceded us.
We shall have to give back even more to our children. And that's why we have to believe in the politics to build together an even better future.
If I jump into politic, it is because I want to return to Quebec what it gave me.

I believe in the politic. One do not jump into it thoughtlessly. We commit to it because we believe that it is the noblest way of serving our country, Québec.

And if I committed by joining the Parti Québécois, of which I’m a proud member, it is because it is still the one which the best served the Quebeckers and the one who will continue to serve them better.

The chief of the PQ is not like any other chief. The Quebeckers are more demanding to him than to the other political leaders. It is normal. The leader of the PQ is the one who wishes to  achieve what is the more justifiable in the life of people : to make a country of its nation.
The leader of the Parti Québécois has to gather everyone. He has to gather the sovereignists. More still, he has to gather every Quebecker, beyond the labels which divide them.

Because the Quebeckers have much more in common that we believe it.
We share a language, a culture, institutions, territory, values!
We have the same desire of to follow together their history. We crossed tests, we shall cross more.
But we always decided to do things together by knowing that together, we can build a Québec always more beautiful, always richer, always more just.
The task of the next leader of the Parti Québécois is not a small matter.
He will have to reconquer at first those who doubt now benefactions to be the masters in our home.

Our party is a strong and fragile institution at the same time.
It is strong, because it overcomed trials in the course of history. It survived all the forecasts which announced its disappearance.
You should not wonder. The Parti Québécois is the vehicle of a perennially fashionable goal, that of the freedom of our nation.

But our party is fragile. The defeat is never pleasant and the one of last April 7th was it even less. It shook us. It also shook me.
Some are tempted to give up. They should not.
Because defeat can however give the opportunity to change what did not go, to give itself a new direction.
They try to persuade us that sovereignty is not fashionable anymore.
This idea slowly settled down.
It is false. It is terribly false!

In numerous peoples, it blooms and it can bloom in Quebec, but we have to give evidence of it by going to meet the Quebeckers.

Quebec is presently in a major crisis.
Never the government of Québec (Parti Libéra) has been so distant from interests of the Quebeckers.
They are acting as gravediggers of a multitude of institutions, the latest being the CPE, which made Quebec a distinct society characterized particularly by a spirit of solidarity inherited from our ancestors who did not have it easy.
Philippe Couillard is working very hard to obtain the title of worse Prime Minister of our history. And we fear that he will succeed at that in the short term.

He looks at our People scornfully, persuaded to understand everything that escapes him. He thinks and acts as somebody who wants to be right against everybody.

In four years, it will be necessary to us to build a big coalition in Québec to undertake the reconstruction of the country. It is what I shall try hard to carry out.
This coalition, it is necessary to begin to build it now. It is necessary to us to build the credible alternative to the Couillard government, an alternativewhich will inspire our people the taste of the overtaking which makes the big things possible.

The choice will be clear: either a party which contents itself with a reduced space for Québec and another which believes that the Quebeckers are capable of taking in hand their fates.
Either a party who thinks that the solidarity is too expensive, that the culture is too expensive, that our identity is too expensive, and another who believes that the solidarity makes us strong, that the culture makes us proud and that our identity is our most precious inheritance.

It’s been my conviction when I evolved in the business world. It was strengthened in politics: we make nothing sustainable without a clear vision.
This means that this coalition will move forward under a banner that it will never hide: the necessity to make a country of Québec.



I remember my younger years: sovereignty had something romantic to it.
Sovereignty is obviously a question of heart. To be at home in our real country as are doing all the peoples who had the courage to assert itself.
Sovereignty is also a question of culture, to live in our own language and never again see the Canadian State undermining our efforts to allow our prosperity without limits (rayonnement).
However, it is known, our cause has seen better days.

Should we believe the prophets of doom, on April 7th the Quebeckers were massively converted to federalism.
This is not the way I understood their message.

For many, sovereignty became very distant and abstract. The upholders of the federalism reduced it to the holding of a referendum which is dividing families. I would rather say that they lost sight of it.
As if they did not see how independance could be of use and what it could bring us.
They told us: «Do your homework, you want sovereignty? Explain to us why.»
I agree. How not to?
In this big (élan du cœur) about which I spoke has to be added meticulous and concrete demonstration of the advantages of the country.

We shall give evidence that from a Québec-province to a Québec-country, the Quebeckers will be winning and that we shall continue to succeed, freed from the obstacles that the Canadian State will have put on our path to slow down our legitimate quest for freedom.

This country will belong to us, we can make it prosper even more, for us, for our children, so that we are proud of job creation and of the wealth which we shall continue to create to the advantage of all.

We shall not have to beg (our own money) any more to the Canadian government, the supposed charity of this fake thing, equalization, which is lent to us only to put us to sleep and subject us in this disastrous conception that we are not worth being free.

To speak about the country, we will have to get off the beaten track. For example, we speak a lot of environment since a few years. It is the big revolution of the mentalities: we discovered that the planet is fragile, that we have to take care of it.
We understood that we could not develop by plundering. The concern of the environment is the one of the world in which we shall live.
The question of the environment is more concrete than some people want to persuade us.
Between Québec and Canada, a major disagreement furthermore : while Quebec operates a successful transition towards a greener economy, Canada contents itself with becoming an oil State.

We see it presently with the debate on the oil pipeline. Philippe Couillard seems to believe that Québec has to agree to the oil pipeline silently by way of thanks for the equalization!
I oppose this water carrier's mentality, those who are proud of it and are incapable to assert themselves.

It is not a question of opposing the development. But the real development is sustainable and intelligent. Québec has a privilege moreover.
Its economic interests cross its ecological interests. We have to sacrifice neither one or the other.

Because great citizens left us remarkable realizations, as Hydro-Québec, this national wealth which produces hydro-electric, green and sustainable power, we can and we have to invest ourselves in the global ecology and offer to our youth the opportunities to create a beneficial wealth for all the humanity battling against the plague of pollution.
More prosaically, we also see with the Champlain bridge : how are we to tolerate that the federal government decides for Québec in a question so vital as that of the transport?

My experience as business manager makes me realize that we need an overall view of our situation in the Canadian federation. This is how we shall understand to what extent this situation is limiting us in our potential of enrichment.
The interests of Québec come on several facets : energy policy, economic policy, the question of transport, the welcoming of immigrants, it is always necessary to highlight the interest from Québec.

And so the Quebeckers will discover the immense and concrete advantages to make a country of Québec.
Our most beautiful asset for the future is our youth. They are fully living the globalization, they feel completely Quebecois, they feel no contradiction there.

Our youth do not doubt their identity, and nevertheless, they do not see how the sovereignty could be of use to them.
In the last elections, they did not enough join the Parti Québécois.

The immense opportunity which opens to us is to interest them in the challenges of our nation. We have to convince them to see the sovereignty not as a fold on some Québec fortress, but as the most beautiful way of conquering the world.
I see thousands of Quebeckers succeeding on every continent, and preserving a living link with their country. Just like those who, coming from the outside, recognize the open-mindedness and the legendary generosity of the Quebeckers.

This is also how we shall convince our fellow citizens stemming from immigration to join our cause.

One thing is for sure: Quebec is rich enough to become a country. It would be even more if it was independent.

I believe that it is possible to make of Québec a French, prosperous country, and just where each would have the opportunity to succeed. A country which will succeed collectively and which will make possible of the millions of individual success.



I believe in a prosperous company, you know it. And I believe that the prosperity is the best guarantor for the solidarity.
The one that we owe to those who were not favored by their birth, we never have to abandon them.

This is the solidarity that we also owe to the young families who feel the exhausting constraints of today’s life and who need help, to know that the State is present to allow them to succeed.

Solidarity is not a slogan. It is concrete, felt and lived.
It is rooted in the heart of our history. It was at first a question of survival.
It is this solidarity in our villages and our parishes, in our cities and districts, that shaped this sensibility also constituting one of the foundations of our being and our culture.
A small French-speaking nation in America could not make otherwise.

We have always helped each other, we had no choice. It does not mean, however, that we do not believe in the individual success, in the individual effort. Maybe also we should celebrate it even more so that we can be even more proud of it collectively.

With the Quiet Revolution, we began to assert ourselves. We asked the State to play its role and to weave a social net to assure us that nobody is rejected. The State has to be the guard of our solidarity. Because the State is not the private enterprise.

Obviously, it is necessary to modernize the State. It is necessary to manage it with rigor. To manage in a rigorous way our finances is a way of holding out the hand to those who will follow us.

But it is not with the unidimensional vision of the Liberal party, that to cut only in the spendings in the craziest improvisation that we shall take the path of the future. Creation of wealth and investment in our (chantiers d’avenir) are a part of their reflection nor their hope (the liberal Party).

Especially, a rigorous management is not a management without ambition.
For example, my recent passage to Hydro-Québec convinced me of a thing: big projects susceptible to conjugate economy and environment are possible.
I think here of the electrification of transport, which is not a utopia, but a real social project.

It will also be necessary to identify the sectors, as that of aluminum, which are the most susceptible to allow the development of the economy from Quebec in the context of the globalization.

I could enumerate heaps of examples to illustrate this role of the State which we have to rehabilitate.
That's why I repeatedly raised the question of an industrial policy for Québec. It is insane that there is none worthy of the name at the moment.

But hear me out: to say that the State can play a role does not consist in denying the individuals’.
We must take up with the spirit of initiative in Quebec. It is known, the Quebeckers, in North America, are late regarding new business start-up.

We have to restore confidence and take inspiration in the successes of our great Quebeckers as my own father and many others like Jean Coutu, Alain Bouchard, Serge Godin who are many mentors to success for all of us.

Québec will be prosperous and it will be just.

And what will make possible our excellence in the world to come is still education. Education extirpated us of the ignorance, the unfortunate common trait of all peoples who underwent the torments of the colonization.
The Quebeckers did not value enough education, because our history tended to convince us that it was preferable to stay in the state of dependence to elites.

We are still carrying this weight, as shown by an alarming rate of illiteracy as well as a level of unacceptable early school drop-outs. It is inconceivable in a modern and developed society. We have to continue this fight and make a national priority.
The Quebeckers, with the Quiet Revolution, invested considerably in education. We had to democratize its accessibility.
It was the best way to insur a social advancement and to get out of our economic inferiority. We met this challenge splendidly.

Today, the Quebeckers are called to realize a similar effort. In our time, it is the best trained peoples who will have most success. The school has to equip our young people for a new world while giving them a solid anchoring in their society.
The school has to form citizens. It has to transmit a culture and it must make it proudly. It is an essential mission which it completely has to assume. Here is the real humanism.

Now, allow me to speak about a question which particularly means a lot to me. Our world is changing. But one thing that does not change, however, is our attachment in our culture. It is our will to see it shine.

The cultural diversity is a big cause today. The globalization should not grow to the disappearance of the cultures.
Our culture, the one who allowed us to survive, it is the cement which unites us.
It would be disastrous that the culture from Quebec becomes only a culture of translation, and that it should become incapable of realizing its original productions, which allow people from here to find themselves in works which touch their reality.

From Nelligan to Gaston Miron, from Félix Leclerc to Gilles Vigneault, from Ariane Moffat to Louis Jean Cormier, from Marie Laberge to Dany Lafferrière, the Québec genius has exploded and still explodes from everywhere.

I had the opportunity, in my career, to work in the construction and in the distribution of the Québec culture. I am profoundly proud of it. I believe that we have to support our creators more than ever.

Then here is what I believe, dear friends. I believe in Québec, I have faith in it, I have faith in our People.

With half-powers, with half-means, we survived, then we realized great things.
We managed to protect our language and our culture, then we gave them the opportunity to bloom.

Imagine what we would achieve if we had all the means!
Imagine if these efforts were invested in the development of our resources, in the creation of wealth, in the search for a green and more just society.
Imagine if we assumed ourselves, simply, and we put our energies to build a better society.

My friends, I present myself for the direction of the Parti Québécois because I believe, sincerely, that with you, it will be possible to us to make a decisive step in the great quest which drives us.

Our people are capable of great achievements. It is capable of giving itself a French, prosperous, just country that will give a chance to each and everyone.

It is not one man who will make a country of Québec. It is not a party either. It is the People of Québec who will say yes to itself, yes to itself. My role, our role, is to bring it to restore self-confidence, to make a success of a country.

Thank you!